Archives pour la catégorie Rapports d’activités JOS Kinshasa

2017 au fil de l’eau

Janvier 2017

A Kinshasa, l’année a commencé avec un accord signé entre l’opposition et la mouvance présidentielle pour arriver paisiblement à des élections présidentielles en décembre 2017. En effet, le 19 et 20 décembre il y eu encore quelques désordres avec de nombreuses arrestations dans la ville et principalement dans les quartiers populaires (notamment dans notre rue). Depuis, la mise en œuvre des accords est encore plus complexe que leur signature !

Fin décembre, chez les filles, il y eut trois intrusions en pleine nuit de bandits du quartier qui ont tenté de voler mais surtout ont menacé les enfants. Heureusement nos quelques grands garçons présents pour la circonstance ont protégé les filles.

Nous avons alors décidé de rehausser le mur de clôture de cette parcelle, mais surtout d’inverser les groupes d’enfants. Les filles sont désormais hébergées dans la maison des garçons (Jeanne-Thérèse), située dans un quartier plus résidentiel. Les garçons sont dans l’autre maison (L’Arche).

La Fondation d’Auteuil et ses partenaires préfinancent un projet à partir de ce mois de janvier. Le projet « Canada » a finalement été accepté et devrait commencer au cours du 2ème trimestre 2017 si tout va bien. Le réseau à Kinshasa, fait des boules de neige jusqu’en France, en Europe et abonde les fonds propres…

Mai 2017

Tout-à-fait fin janvier, nous avons décidé de faire appel à un jeune homme que nous avions connu à « Save The Children » (Association d’aide humanitaire), lorsque cette organisation nous apportait un soutien financier complémentaire en 2014.

Il a longtemps travaillé pour une autre association de la place qui s’occupe des enfants de la rue, puis il a été embauché par l’ONG Internationale Save où il a œuvré presque trois ans. Fin décembre, il n’avait plus de contrat et il a choisi de venir mettre ses compétences au service de l’association Jeunes au Soleil. Depuis, c’est une grande aide pour l’organisation administrative, la gestion et la formation de l’équipe éducative, le suivi des enfants (scolarité, enquêtes, réunifications…), l’écriture de projet.

Avec un membre du conseil d’administration de Kinshasa, nous avons commencé à construire le « programme » Jeunes au Soleil et écrire des éléments pertinents qui pourront à terme présenter l’association, ses objectifs, son travail, son budget et le tout à faire valoir aux amis, partenaires, financeurs locaux et internationaux.

Le projet tant attendu « Canada » semble finalement se mettre en place. Des réunions de réorganisation du projet se réalisent en ce moment. En espérant que nous aurons toujours un budget conséquent pour la prise en charge des enfants et qu’il sera libéré rapidement. En attendant nous avons réfléchi pour accentuer la recherche de fonds notamment sur Kinshasa. Mais ici les temps sont durs, les affaires ne marchent plus, les sociétés débauchent et font faillites. Beaucoup d’européens sont au chômage, d’autres installés depuis deux générations pensent quitter la RDC. Le contexte politique tétanise tout, il n’y a pas d’horizon à moyen terme qui donnerait confiance pour des investissements et la relance économique.

Heureusement nous avons quelques aides très ponctuelles de la part de différents groupes, notamment ecclésiaux, ou de particuliers qui vont apporter un sac de riz ou de sucre, des habits ou des babouches…

En plus de vouloir toucher quelques entreprises locales, Richard a fait cette année de nouveau un déplacement vers la France (Marseille, Château des Vaux, Paris, Domont, Luzarches…) pour mobiliser notre réseau. Il a été sollicité notamment par quelques structures de la Fondation d’Auteuil pour parler aux jeunes, mais aussi aux adultes : une approche interculturelle dans un cadre éducatif. Comment donner un sens à sa vie, quel que soit nos souffrances et nos pauvretés matérielles… Ces presque trois semaines ont été riches en rencontres et projets de toutes sortes.

Par ailleurs, le Ministre des Affaires Sociales a confié à Richard la charge de mettre en place une plate-forme qui soit un cadre de référence entre les ONG locales, les ONG internationales et les Ministère des Affaires Sociales en vue de permettre un regard conjoint sur la prise en charge des personnes vulnérables. Il y a une déjà une adhésion d’une quarantaine d’associations.

Septembre 2017

La réalité kinoise nous rattrape vite avec l’ambiance socio-politique très morose… les gens sont interpellés par des services de sécurité dans les rues, le chômage bat son plein et les enfants sont de plus en plus nombreux dans la rue. Les enseignants et les médecins sont en grève. Des gens meurent dans des hôpitaux par manque de soins parce qu’ils n’ont pas d’argent.

Pour Jeunes au Soleil, les temps sont un peu durs, le tuilage entre projets ne se fait pas bien et nous avons en ce moment une période de trou financier. La mise en œuvre du projet « Canada » est très lente, nous sommes toujours en attente des fonds et du commencement des activités.

Avec les congés (des européens) de juillet et août les contacts pour sponsoring sont restés en suspens, mais nous avons confiance car d’autres portes, non attendues, ont l’air de s’ouvrir depuis deux ou trois jours :

  • un bon contact avec un commerce en alimentation qui pourrait faire des dons de nourriture,
  • des donateurs particuliers
  • un salon sur l’enfant et la famille où nous sommes invités à exposer

Pas plus tard que le 13 septembre un monsieur est venu déposer dans les deux centres des cartons de poulets, du maïs, de l’huile, du sucre… Alors que l’éducatrice lui demandait son nom pour garder une trace (au moins administrative) de son passage il a répondu : « je suis le bon samaritain » !

D’où vient ce monsieur ? Comment nous connait-il ? Cela nous réconforte : la providence se manifeste !

De plus un médecin français a décidé de nous aider pour les médicaments. Un grand soulagement !!

D’autre part nous sommes mobilisés par deux projets qui intéressent certains amis et partenaires comme le projet agricole à Kinzono et le projet d’apprentissage en esthétique.

Nous allons aussi continuer de mobiliser le petit conseil d’administration à Kinshasa et organiser avant la fin 2017 une assemblée générale.

Décembre 2017

Ces derniers mois de l’année 2017 sont un peu tendus pour Jeunes au Soleil, mais en même temps avec de belles perspectives.

En effet, financièrement nous avons tenu grâce à Apprentis d’Auteuil qui a préfinancé toute l’année le projet en attente de validation par l’AFD (Agence Française pour le Développement). Les amis de JOS Paris ont pu aussi nous envoyer un complément pour la fin d’année ce qui nous permet d’assurer quelques activités même en serrant les dépenses. Enfin un commerce en alimentation qui a commencé à nous faire des dons en produits « vivres frais », le Rotary club de Kinshasa qui poursuit son apport, une famille qui fait un virement mensuel : toutes ces petites touches qui nous rassurent pour la fin 2017.

Nous avons alors commencé notre campagne de recherche de financement pour 2018 :

  • Pour cela nous avons écrit un beau courrier pour remettre aux amis et connaissances qui intéresseraient leur entreprise ou autres.
  • Nous avons préparé une pièce de théâtre avec les enfants du centre, « la mort de Jimmy » qui parle de leur vie et souffrance dans la rue. Elle a été jouée le 18 novembre à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant. Les spectateurs venus regardés ont été admiratifs de la pièce et du message qu’elle véhicule. Dès le lendemain des retombées positives ont eu lieu.
  • En organisant une assemblée générale ouverte à tout un chacun. Déjà le Rotary Club de Kinshasa se mobilise pour refaire les sanitaires des filles, pour rechercher des fonds et financer la formation professionnelle de certains jeunes.
  • Richard et Marie-Ange sont invités à différents colloques ou soirées pour rencontrer des personnalités importantes de Kinshasa et faire connaitre le projet Jeunes au Soleil.

Par ailleurs, Richard et deux membres du conseil d’administration à Kinshasa se sont rendus à Kinzono, village sur le plateau Bateke où Jeunes au Soleil avait investi 80 hectares. Même après plusieurs années l’accueil a été chaleureux par les villageois et le terrain n’attend plus qu’à être exploité. Nous commençons alors à formaliser et réécrire le projet agricole déjà pensé. Un premier financement est à notre disposition et les amis de Marseille se sont mobilisés pour organiser un concert au profit de ce projet : merci à la paroisse de Saint Barnabé, le groupe Foi et Solidarité et au musicien Vincent Beer Demander.

Nous finissons aussi de travailler sur le projet d’école en esthétique pour les filles du centre et d’autres jeunes filles vulnérables. Nous avons un ami en France qui serait prêt à le financer.

Enfin le projet « Canada » tant attendu depuis deux ans débute ce mois de décembre par l’arrivée au REEJER d’un chargé de projet recruté par Médecins du Monde Belgique. Les trois premiers mois seront pour mettre au point les activités, les outils de pilotage, faire un ajustement financier et en mars les activités débuteraient pour une durée de quarante-cinq mois.

Après quatre années à Kinshasa, nous nous sentons maintenant bien imprégnés dans le pays et les liens que nous avons créé avec des personnes, institutions et organisations prennent des tournures intéressantes pour l’association. Cela va prendre davantage d’ampleur et les aides ou apports divers vont s’étoffer. Déjà notre proposition budgétaire 2018 va dans le sens de ce défi de trouver 46% des besoins à Kinshasa (dons divers, sponsors d’entreprises, financement de bailleurs de fonds).

Sur la question de la vie socio-politique en RDC, c’est la troisième année consécutive qu’il est prévu des troubles pour le mois de décembre. En effet la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) a sorti un calendrier électoral qui reporte les élections à décembre 2018. L’opposition n’est pas d’accord et invite la population à manifester. La tension reste latente et le lendemain incertain.

Rendez-vous à l’assemblée générale !

 

 

 

 

2016 au fil de l’eau

Janvier :
Une grande décision a été prise : Le Président de l’Association et sa famille ont décidé de rester deux à trois ans de plus à Kinshasa pour continuer le grand travail qu’ils ont auprès des enfants de la rue. C’est bien sûr, superviser l’accueil des enfants abandonnés, leur accompagnement psycho-social et le travail d’enquête et de réunification, c’est aussi accompagner et former l’équipe éducative qui est au quotidien avec les enfants. Il faut aussi étendre le réseau, l’entretenir, démarcher des donateurs et bailleurs de fonds.

Le projet JOS Kinshasa avance mais le travail reste complexe. Par moment il faut faire de la médiation, accompagner les parents et les enfants. On arrive parfois à des résultats surprenants : nous éprouvons une joie immense lorsque les deux parties se réconcilient (l’enfant et ses parents). En effet c’est alors une porte pour une éventuelle réunification : l’enfant peut retourner chez ses parents. Pour l’année 2015, 19 enfants sont rentrés en famille.

Concernant l’Arche, maison des filles : les religieuses qui les encadrent commencent à bien s’adapter au travail avec les enfants.

Avril :
Les enfants de l’association Jeunes au Soleil continuent d’être là, de fréquenter l’école, leur apprentissage, la paroisse… Nous en avons accueillis des nouveaux, venus du marché, certains enfants font des grand progrès sur le plan scolaire et relation avec des adultes. Par ailleurs, des week-ends en famille deviennent possibles ; aussi, certains sont rentrés chez eux après médiation avec les familles. Les religieuses qui encadrent les filles s’adaptent bien au travail éducatif de ces jeunes.

Le Président, Richard, revient de deux semaines en France :
– Il a rencontré les jeunes de la Fondation Apprentis d’Auteuil pour leur témoigner de notre travail et surtout de la présence de jeunes dans le monde et à Kinshasa en particulier, encore plus dans le besoin qu’eux. En Picardie, Nantes et sa région, Marseille et Val d’Oise au total plus de six cent jeunes et adultes.
– Il est aussi intervenu dans plusieurs paroisses du Val d’Oise dont Ermont, Saint Leu la Forêt et Persan-Beaumont.

Juin :

Visite de l’Ambassadeur de France

Septembre :
Pour les enfants du centre Jeunes au Soleil, les mois de juillet et août se sont bien passés. Ils ont pu tous aller en colonie de vacances. D’autres ont été réunifiés dans leur famille. L’année scolaire a repris pour tous, chacun avec une formation adaptée à son niveau : école primaire, école professionnelle, formation chez un maitre d’apprentissage ou encore remise à niveau et alphabétisation au centre.

Le gros défi de cette année est de trouver des fonds à cause des conséquences de la situation actuelle au Congo. Le climat n’est pas serein et beaucoup craignent de s’engager à financer des projets alors qu’une grande instabilité pourrait se mettre en place à court et moyen terme. Nous sommes en pleine réécriture du projet financé par l’Agence Française de Développement. Nous espérons que ce financement se poursuivra en 2017 pour trois ans, mais l’AFD ne donnera sa réponse définitive qu’en février mars prochain !

Pour l’heure nous avons invité une quinzaine d’amis franco-congolais pour une première réunion le 25 septembre 2016 qui se veut constituante d’un conseil d’administration pour JOS Kinshasa. L’échange était riche et intéressant avec déjà des volontaires pour nous aider dans le domaine des finances, communication…

Sur le plan de la sécurité, nous venons de passer deux jours sous les balles et gaz lacrymogènes les 19 et 20 septembre. Notre quartier a été particulièrement agité avec des pillages de résidence, université, commerce, incendie de véhicules et bureaux de police, des arrestations…

Depuis la tension a baissé mais la situation n’est vraiment pas sereine.

Rapport d’activités 1er semestre 2015

1) Contexte et environnement du projet

Le projet d’hébergement et d’accompagnement des enfants en situation de rue de l’association Jeunes au Soleil à Kinshasa continue de se dérouler. Les enfants « dans la rue » et « de la rue » sont toujours présents notamment dans le district de Tshangu et à Masina, lieu d’installation de la Maison Jeanne-Thérèse.

Au cours du semestre, le projet n’a pas toujours été mis en œuvre facilement. En effet, le retard dans le financement (intervenu après trois mois) d’un bailleur demande un préfinancement à la structure qu’elle ne peut assurer si longuement. Certaines activités peuvent en souffrir comme notamment le soutien de famille dans le cas de réunification. De plus, le contexte de change entre l’euro et le dollar supprime presque un quart du budget de ce bailleur, celui-ci ayant été établi en dollars. Cela demande aux responsables de faire des choix d’activités et de solliciter d’autres sources de financement.

De par la fermeture d’un centre proche de Jeunes au Soleil, la maison Jeanne-Thérèse a accueilli une dizaine d’enfants en grande majorité des filles. Au milieu du semestre le nombre d’enfants de trente a demandé une gestion rigoureuse des relations entre eux. La mixité dans un établissement hébergeant des jeunes en difficultés sociales et ayant eu des expériences très dures dans la rue, n’est pas une tâche éducative aisée.

Au début du semestre, un agent a quitté son emploi, il a été remplacé par un autre éducateur. L’ensemble de l’équipe éducative est jeune et demande de bénéficier d’une formation continue, ce que font les responsables de la structure.

L’association a trouvé un nouveau petit financement de six mois auprès de la Caritas Allemande pour la prise en charge alimentaire des enfants. De plus elle a été soutenue ponctuellement pour ses activités culturelles et théâtrales. Cela lui a permis de renforcer son travail sur ce plan et de se produire à deux reprises : fin mai (au sein de la structure devant plus de 150 personnes amies, voisines, autorités, partenaires et autres) et fin juin à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain (devant presque 500 personnes du district de Tshangu).

Enfin, sa collaboration avec une ONG médicale permet de renforcer son approche par le biais sanitaire auprès des enfants de la rue.

Grâce à un financement du Consortium, complété par d’autres apports, une nouvelle salle a été construite à l’arrière de la parcelle et le bloc sanitaire complètement repensé et réhabilité. Les travaux se sont terminés au cours de ce premier semestre.

 

2) Réalisations

Le travail dans la rue, sur les sites et marchés que fréquentent les enfants, continue, 27 nouveaux enfants ont été identifiés au cours de ce semestre. Parmi eux il y a six nouvelles filles. Pour tous des enquêtes exploratrices sont faites. Certains peuvent être admis à l’hébergement si leur situation est complexe et qu’ils ont moins de 12 ans.

Depuis le mois de janvier, il y a une moyenne de 25 enfants hébergés au centre dont huit filles. Le travail d’accompagnement psychosocial en mixité n’est pas toujours facile : les enfants ayant connus des situations dures dans la rue.

Depuis 6 mois, la maison Jeanne-Thérèse a accueilli 29 nouveaux enfants dont trois ont fuit dès les premiers jours de leur hébergement et une fille a voulu retourner dans son ancien centre.

Une moyenne de 40 descentes mensuelles sur le terrain se fait pour 15 à 20 enfants. Le travail d’enquêtes est une priorité dans les objectifs de l’association. Cependant, selon les situations des familles des enfants, les conflits qui existent… il faut accentuer les descentes et là le budget alloué est parfois insuffisant.

Huit enfants dont trois filles ont été réunifiés ce semestre. Le service d’enquête s’assure que l’enfant et sa famille sont bien prêts à se retrouver et vivre ensemble quel que soient les conditions économiques et matérielles. Il veut éviter les rechutes même si celles-ci sont aussi liées à la liberté humaine des uns et des autres. Pour cela, les enquêteurs suivent régulièrement les enfants qui sont retournés vivre dans leur famille. Certains d’entre eux sont appuyés scolairement ou dans le cadre d’un apprentissage professionnel.

Tous les enfants hébergés à Jeunes au Soleil sont dans un processus d’apprentissage qui va de l’alphabétisation à la formation professionnelle en passant par la scolarité.

Certains des enfants en primaire ont très bien réussi leur année (82%, 79%, 86%…).

Jeunes au Soleil a mis à disposition de la coordination de Jeunes au Soleil Kinshasa un moyen de locomotion en bon état.

 

3) Conclusion et perspectives

Le projet de l’association Jeunes au Soleil continue de se réaliser au fil des mois et un travail éducatif se fait sur le terrain : accompagnement psycho-social, orientation, scolarisation, enquête et réunification.

Avec le partenariat actuel sur le plan médical, l’association Jeunes au Soleil a commencé à être repérée par les autres associations membres du REEJER qui envoient certains enfants se faire soigner. Avec ses activités socio culturelles, l’association veut aussi se faire connaitre et avoir ainsi une activité d’autofinancement.

Fait à Kinshasa le 5 Juillet 2015

BAMPETA Richard

Président

Rapport d’activités 4ème trimestre 2014

RAPPORT QUATRIEME TRIMESTRE 2014

Ce quatrième trimestre 2014 est marqué par plusieurs évènements pour l’association que ce soit au niveau de la vie quotidienne des enfants, de l’animation ou encore des chantiers de réhabilitation.

En effet, JOS s’est battu pour avoir quelques miettes du financement de la Banque Mondiale par le biais de l’Unité de Gestion du Projet Enfants dits de la Rue. Malheureusement ce projet s’est arrêté suite au désaccord entre Save the Childrens et l’UGP. Nous avions continué à lutter jusqu’à obtenir le transfert de douze enfants dans le centre de Masina qui avait obtenu les financements !

Jeunes au Soleil a reçu des financements pour la réhabilitation de ses locaux en particuliers des sanitaires et les travaux ont commencé au mois de décembre.

Enfin plusieurs temps de rencontres et fêtes ont eu lieu à diverses occasions : la journée internationale des droits de l’enfant, les fêtes de Noël et de fin d’année.

Les enfants :

Au 31 décembre 2014, nous affichons :
–       Ce trimestre, 7 enfants ont été admis au centre
–       8 enfants ont été réunifiés dans leur famille
–       13 ont été réorientés vers un autre établissement
–       6 ont fugué et ne sont plus revenus. Il faut spécifier que les enfants qui fuguent, sont principalement les enfants en conflit avec la loi placés par le juge pour enfants. En effet, il ne s’agit pas d’une vraie fugue car ces enfants retournent eux-mêmes en famille.

Les enfants ont joué leur pièce de théâtre le 27 novembre à l’occasion de la cérémonie de clôture de la semaine de la réussite organisée par le REEJER en présence des autorités de la place (ministère des Affaires Sociales…) de différents bailleurs de fonds (Banque Mondiale, Unicef, Ambassade de France…).

Cette semaine était dans le cadre de la commémoration de la journée internationale du 20 novembre sur les droits des enfants.

A l’occasion de Noël et de la fin d’année, les enfants ont reçus plusieurs invités comme la troupe de théâtre de la chaine télévisée Raga, des amis français pour des jeux et un goûter…

L’équipe :

Elle a été réduite au 31 octobre à la fin du financement par la Banque Mondiale. Il n’en reste pas moins que la structuration demeure et que le travail auprès des enfants continue. Elle est éclairée lors de certains temps de réunion par l’apport d’un psychologue qui intervient dans la structure.

A la fin de cette première année complète de présence du coordinateur, on peut dire que l’équipe a acquis davantage de professionnalisme et profite de l’expérience de la direction.

Le matériel et travaux

Les financements attendus pour des travaux de réhabilitation sont arrivés ce trimestre et les travaux ont pu démarrer. Ils seront terminés en 2015. Jeunes au Soleil remercie particulièrement Apprentis d’Auteuil, le Secrétariat Social de Marseille, Vincent Demander et ses musiciens pour les fonds apportés.

Une nouvelle salle sera disponible, les sanitaires seront propres et fonctionnels, la cuisine améliorée.

La question de l’espace demeure cependant : il manque des bureaux administratifs (avec du mobilier adéquat) et des pièces de travail (entretiens psychologiques…)

Sur la question du matériel, n’oublions pas de préciser que la voiture est toujours en attente d’être remise en état. Nous remercions Jeunes au Soleil Paris d’avoir fourni un nouvel appareil photographique et nous les sollicitons de nouveau pour un ordinateur portable de qualité pour la coordination.

Partenariat

Une convention de collaboration a été signée avec une association médico-sociale (CSMS) ce qui permet aux enfants de se faire soigner gratuitement au sein du centre (une infirmière est présente trois fois par semaine). Ce partenariat permettra une ouverture aux différentes structures membres du REEJER et proches de la Maison Jeanne-Thérèse, de pouvoir faire bénéficier de ce service aux enfants qu’ils encadrent.

De nombreuses démarches auprès de l’évêché ont été entreprises pour avoirr une lettre de soutien de l’Archevêque de Kinshasa en vue d’obtenir le financement de la Caritas allemande, Misereor.

D’autres démarches administratives ont été entreprises pour que le Ministère des Affaires sociales délivre à l’association Jeunes au Soleil un certificat d’enregistrement. Pour obtenir l’arrêté ministériel, nous devons attendre la nomination d’un ministre des Affaires Sociales, dont le siège est actuellement vacant.

Les finances :
Pour l’année 2014, Jeunes au Soleil a eu 38026, 46 dollars de dépenses réparties sur les postes suivants :
–       La masse salariale représente 49,10 % du budget total (18672 dollars)
–       Les frais d’administration représentent 6,22 % du total (2366,95 dollars)
–       Les frais d’entretien pour les enfants tels que l’alimentation, les vêtements, savon, soin de santé… représentent 25,75% du global (9790,67 $)
–       Les activités en faveur des enfants telles que la scolarité, les enquêtes, l’appui aux réunifications… représentent 14,94% du budget total (5681,55 dollars)
–       Enfin le divers (cotisation REEJER, démarches administratives…) font 3,99% du total (1515,29 dollars).
La ligne la plus importante est celle « alimentation » qui est revenue à 7694,57 $ (20,23 %)
Les frais de scolarité sont onéreux : 2886,29 $ soit 7,59 % du coût global.

A la vue du budget nous pouvons dire que la prise en charge d’un enfant aujourd’hui à Jeunes au Soleil coûte 131,68 $ par mois. Pour nourrir un enfant, il faut 50 $ par mois.
Pour son hygiène, ses vêtements, sa santé, il faut 5,33 dollars par mois.
Pour sa scolarité, ou sa formation, il faut 10 $ par mois.
Pour retrouver sa famille, négocier son retour et assoir la réunification il faut en moyenne 4,68 $ par mois.
La masse salariale pour accompagner l’ensemble du projet, les enfants accueillis et réunifiés demande 53 $ par enfant et par mois.Les frais administratifs représentent 8,67 dollars par enfant et par mois.

Conclusion

L’année 2014 a été riche en échange, prises de contact, premiers pas vers la constitution d’un réseau, formation des équipes, travail éducatif auprès des enfants.

L’association Jeunes au Soleil est connue dans le district de Tchangu, et reconnue dans le paysage social de Kinshasa.

L’année 2015 verra le renforcement et la continuité de tout ce qui a fait 2014. D’ores et déjà de nouvelles idées sont à l’étude telles que celles d’ouvrir un centre d’auto-école spécialement pour les enfants de la rue de plus e 15 ans, en lien avec des agents de la Police de la Sécurité Routière (PSR).

Fait à Kinshasa le 15 janvier 2015.

Richard BAMPETA, Président

Rapport d’activités 3ème trimestre 2014

L’association Jeunes au Soleil à Kinshasa continue ses activités en milieu ouvert et en hébergement pour les enfants de la rue de Kinshasa, le changement qui s’est fait et qui perdure est l’ouverture à la mixité. Dans un bref délai il sera nécessaire d’envisager la création d’un centre pour l’accompagnement des filles. En effet, la présence sur un même site des filles et des garçons constitue une difficulté pour un accompagnement psycho-social adéquat.

Une activité importante pour les responsables de l’association est la constitution d’un réseau, permettre son étendu, accroitre le carnet d’adresse local.

Enfin, aujourd’hui l’aspect matériel est un point qui devient crucial.

Les enfants :
Au 30 septembre 2014, nous affichons :
–       Ce trimestre, 22 enfants ont été admis au centre (dont dix filles). Il y a donc 32 enfants hébergés à la Maison Jeanne-Thérèse de 5 à 17 ans dont :

  • 2 étudient la conduite de véhicules dans un centre professionnel à Kingasani
  • 1 étudie le théâtre, la musique à l’Espace Masolo à Masina Sans Fil
  • 2 étudient à l’école primaire Saint Vincent de Paul à N’Djili
  • 4 étudient à l’école primaire Mputu sur l’avenue ACP à Masina
  • 1 étudie au collège Mputu sur l’avenue ACP à Masina
  • 6 sont en cours d’inscritption en formation profesionnelle
  • 16 sont en cours d’alphabétisation, remise à niveau à la Maison Jeanne Thérèse.

–       Depuis juillet peu d’enfants ont été nouvellement contacté dans la rue, en effet l’éducatrice sur terrain était en congé et l’autre éducateur a été réaffecté à la Maison Jeanne-Thérèse. La Maison avait besoin d’un un agent supplémentaire pour la nuit.

–       14 enfants ont été réunifiés ce trimestre, d’autres ont été remis à leur famille par le biais du tribunal.

Les enfants ont pu s’exprimer à travers la présentation de leur pièce de théâtre à trois reprises ce trimestre. L’une d’elle s’est faite sur le terrain municipal de Masina à l’occasion de la journée internationale de l’enfant africain devant un millier de personnes.

Les vingt enfants les plus jeunes ont participé au mois d’août à dix jours de colonie. Ils ont été inscrits à la colonie organisée par une autre association (l’ORPER). Ils étaient ravis de ce temps autre, de détente, de jeux dans un ailleurs.

Depuis ce trimestre, le Tribunal pour Enfants envoie régulièrement des enfants en conflit avec la loi. Il s’agit d’enfants qui ont pu faire un petit délit, ils ont en général moins de 14 ans et le Tribunal ne veut pas les envoyer en prison. Parce que les familles ne sont pas présentes le jour de l’arrestation, l’enfant est placé au centre. Très vite, notre service d’enquête en collaboration avec les assistants sociaux attachés au tribunal, trouve les familles et l’enfant est réunifié.

Ce trimestre le nombre d’enfants réunifié a augmenté, en effet, nous avons accentué le travail du service d’enquête parce que ce travail nous semble très important pour la vie de l’enfant, l’élaboration de son projet personnel et l’accompagnement psycho-éducatif qui se fait.

Tous les enfants hébergés au centre sont orientés vers une formation. En fonction de leur niveau scolaire et de leur âge, certains sont entrés à l’école primaire, d’autres en formation professionnelle. Certains continuent de participer à l’alphabétisation quotidienne au centre. Cette activité demeure aussi pour ceux qui sont nouveaux au centre, le temps de les observer, qu’ils s’acclimatent et de trouver la bonne orientation. Enfin, pour certains dont la réunification est faisable, nous allons l’encourager en proposant aux familles de scolariser l’enfant à partir du domicile.

L’équipe :

L’organigramme interne de la structure a été réorganisé pour permettre plus de professionnalisme et augmenter l’exigence dans la qualité de travail.

Organisation JOS Kin 2014T3

Tout le personnel a un rôle éducatif auprès des enfants et sont éducateurs, mais plusieurs assurent des fonctions particulières comme l’intendance, les enquêtes, la surveillance de nuit.

Le financement de la Banque Mondiale par le biais de Save The Children avait permis d’augmenter le nombre du personnel. Celui-ci prenant fin le 31 octobre, un certain nombre d’entre eux devront quitter leur travail. La présence de deux stagiaires en stage professionnel va permettre à la structure de continuer d’assurer un travail d’accompagnement des enfants hébergés.

Nous signalons aussi que le couple permanent qui logeait au centre a déménagé ce mois de septembre pour acquérir un logement autonome (chez les Bampeta, momentanément). Le local libéré par le couple sert de magasin et dépôt de tous les biens de la structure.

Le matériel

Grâce à Save The Children, la maison Jeanne-Thérèse a maintenant 22 lits pour les enfants répartis dans deux dortoirs. L’un est pour les filles et l’autre plus grand est pour les garçons. Tous les lits ont des mousses convenables et des draps de lits.

La maison a été repeinte et le carrelage abimé refait. Le mur détruit a été aussi reconstruit. Le portail ferme aujourd’hui correctement.

La question de l’espace reste cruciale :
–       Il manque des bureaux administratifs (avec du mobilier adéquat)
–       Le bloc sanitaire doit être complètement repensé,
–       Il manque une pièce pour le vestiaire des enfants,
–       Il manque des pièces de travail : entretiens psychologiques, consultations de l’infirmière…
–       Le coin cuisine doit continuer d’être réaménagé pour plus de fonctionnalité.

Sur la question du matériel, n’oublions pas de préciser que la voiture est toujours en attente d’être remise en état. Par ailleurs, l’appareil de photo ne fonctionne plus. D’où, difficulté de prendre des photos pour les différents partenaires qui nous en demandent.
(N.B. : depuis un nouvel appareil photo a été acheté par JOS Paris et envoyé sur place)

Partenariat

La présence des responsables initiateurs du projet Jeunes au Soleil à Kinshasa depuis une année, donne un nouveau souffle à l’ensemble des activités. Aujourd’hui JOS est repéré dans le secteur de la protection de l’enfant comme une association dynamique qui œuvre sur le terrain des enfants en difficultés.

Nous pouvons citer ici de nombreux partenaires et collaborateurs au niveau local qu’ils soient nationaux ou internationaux :
–       La Division Urbaine des Affaires Sociales (DUAS)
–       La Division Sociale de la Protection de l’Enfant (DISPE)
–       Le REEJER et ses membres
–       Le Tribunal pour Enfants
–       L’Unité de Gestion du Projet « Enfants dits de la Rue » (UGP-EDR), financé par la Banque Mondiale
–       Save The Children
–       Misereor
–       World Child
–       L’Ambassade de France
–       Secrétariat Social de la ville de Marseille
–       Paroisses françaises
–       …

Le réseau s’étend progressivement c’est pourquoi JOS exige un travail éducatif de qualité auprès de l’équipe éducative.

Les difficultés

Trois difficultés majeures sont à signaler :
–       Incertitude des financements
–       Hébergement dans les mêmes locaux des filles et garçons
–       Espace à réaménager pour l’agrandir

Principales activités du trimestre à venir :
–       Continuer la prise en charge et les réunifications des enfants de la Maison Jeanne-Thérèse et de ceux des sites,
–       Continuer de constituer tout un réseau de partenaires et donateurs,
–       Finaliser un partenariat en lieu et place de celui de Save The Children,
–       Entreprendre des démarches administratives pour obtenir d’autres documents relatifs à l’association et la parcelle (cf. note circonstanciée de septembre 2014)

Les finances :
JOS Kinshasa a sollicité JOS Paris pour une allocation supplémentaire afin de régulariser un certain nombre de documents administratifs. Il lui a été accordé 1500 dollars qui s’ajoutent au budget initial.

Fait à Kinshasa le 30 septembre 2014.

Richard BAMPETA

Président

Voyage de Valérie et Pierre à Kinshasa mai 2014

Voilà plusieurs années qu’avec Valérie nous souhaitions nous rendre à Kinshasa, pour voir la maison Jeanne Thérèse, qui fonctionne depuis maintenant six ans. Mais, les années précédentes, Richard BAMPETA nous avait demandé d’annuler notre venue du fait d’une trop grande insécurité.
En mai 2014 tout va bien, nous pouvons décoller pour une semaine de visite et de rencontres.
Notre but était double :
–          Nous rendre compte sur place des réalisations et du fonctionnement, en rencontrant les différents intervenants et contacts locaux
–          Pouvoir échanger directement avec Richard et Marie-Ange BAMPETA, sur les nouvelles orientations prises lors du passage en « milieu fermé » tout en créant des points d’écoutes en « milieu ouvert », et en renforçant «  les enquêtes » pour l’ensemble des jeunes (milieu ouvert et fermé )

Même si nous avions déjà beaucoup voyagé et pas toujours dans des conditions aseptisées (trekkings avec nuits chez l’habitant dans des endroits particulièrement reculés …)
l’immersion dans la vie quotidienne de la mégapole de Kinshasa reste des plus surprenantes.

C’est un pays jeune, un pays qui bouge, un pays qui grouille jour et nuit, mais qui peine à sortir de ses difficultés malgré un nombre important d’atouts ; il faut se dire, que loin du centre-ville et de ses buildings climatisés, l’urbanisation semble anarchique (mais comment faire autrement dans une mégapole de plus de 8 millions d’habitants qui pousse encore tous les jours)
Peu de routes goudronnées, les rues latérales sont en terre-battue, sans système d’évacuation et de tout-à-l’égout, il y a bien l’eau courante mais qui parfois s’arrête de fonctionner, l’électricité est beaucoup plus aléatoire et vous êtes contents quand elle fonctionne quelques heures un jour sur deux…
Cela implique dans votre quotidien que vous ne pouvez avoir de réfrigérateur pour conserver les aliments périssables, malgré une chaleur parfois accablante ; que pour pallier aux coupures de courant si vous avez les moyens , vous pouvez mettre en route un groupe électrogène, mais cela fait beaucoup de bruit et de fumée …
En bref on oublie vite notre confort quotidien de la France

Le première jour, Richard B , nous emmène  visiter une grosse association la Fondation Pédiatrique à Kimbondo, à la sortie de la ville (soit une heure de transport en voiture… ) Cette fondation constituée par une femme médecin italienne a, en quarante ans, monté un hôpital  avec différents services et un orphelinat  accueillant  en tout 450 enfants :   avec école, atelier de menuiserie et différentes maisons d’hébergement suivant les âges. Il existe aussi une section particulière pour enfants handicapés physiques et mentaux ainsi qu’une néonatologie pour prématurés. Le tout bien tenu, une vraie réussite. !!! Mais là aussi, comme ailleurs, il faut toujours savoir se réorganiser, et s’adapter ou redéfinir certains des objectifs, …

Et là, le REEJER (Réseau des Educateurs des Enfants et Jeunes de la Rue :   http://reejer.org) est force de proposition et d’expertise et c’est dans ce cadre que Richard B intervenait dans le cadre d’une mission ponctuelle.
Nous notons tout de suite que c’est une chance aussi pour nous qu’ il puisse nouer des contacts mais aussi  avoir un certain recul sur l’évolution de ce type de très belle réalisation …

Le soir discussion à la maison rapide avec le secrétaire de JOS Kin : rapide car dans le noir (le courant venait une fois de plus de  s’arrêter) et des trombes d’eau s’abattaient sur la maison des BAMPETA où nous étions réunies, on se reverra samedi plus longuement.

En fin de soirée, une fois l’orage apaisé, longue discussion à la bougie, avec Richard B ; qui nous permets de mieux comprendre les modes de fonctionnements et habitudes du pays ; parfois éloignés des nôtres
Il nous expose, qu’il faut créer une équipe de passionnés, une équipe qui pour le long terme pourra se renouveler et garder les liens avec la France et le diocèse de Kinshasa, tout en créant sa propre synergie.

Cela après la mise en place du milieu fermé dans la maison, allait être une de leurs principales missions. Après avoir été reconnu, pour la qualité du travail et de l’organisation, il conviendra aussi de créer un lien avec la communauté civile et internationale, seule capable par la suite d’apporter une source locale de financement
Le lendemain, départ à pied vers la maison Jeanne Thérèse, à 15 minutes de leur maison.
A l’arrivée, l’accueil est plutôt sérieux, et en même temps touchant : Un vieux professeur, un « papa », fait ses cours avec une autorité naturelle.   Une chanson gaie et quelques extraits de scénettes  simples auxquelles nous sommes conviées à participer,  permettant de mieux briser la glace et d’ exprimer des sentiments.

Nous assistons ensuite à la réunion hebdomadaire  des éducateurs de la maison. Marie Ange B , en directrice avertie, avec douceur et fermeté, laisse chacun s’exprimer, favorise l’échange entre le scolaire (le vieux professeur) la vie de tous les jours (le responsable de la maison Alphonse, qui vit et dors sur place avec sa femme) et les projets d’apprentissages , mais aussi de réinsertion ou de retour dans les familles  (éducateur responsable des enquêtes)

Chacun dans son rôle ou sa fonction doit suivre des règles et des principes rappelés par Marie Ange.

Pour notre part, nous insistons tout comme M.A sur la nécessité de comptes rendus réguliers et écrits.

Nous constatons, que chaque intervenant est soucieux de donner sa chance à chaque enfant, tout en étant lucide sur les difficultés restant encore à surmonter.

 

Le cas d’un enfant, est évoqué, lors de la réunion et le hasard fait qu’Alphonse est appelé à ce même moment par sa maman à plus de 1000 km de Kin, qui souhaite envisager un retour de son enfant. Cet enfant a plus ou moins été « enlevé »  ou « confié » on ne sait pas vraiment, nous savons simplement qu’il s’est retrouvé sur la marcher de Kin, que cela fait de nombreuses années 2 ou 3 ans et qu’il en a presque oublié sa langue d’origine. Il a dû surement être obligé de voler et s’intégrer dans une « bande » vivant avec les propres règles de « petits caïds » âgés souvent de 16 ans. Plusieurs enfants sont dans ce cas.

 

Là, commence un dialogue , avec la maman, qui doit prendre conscience des difficultés d’un tel retour (l’enfant ayant vécu dans un monde totalement différent, le retour dans une campagne reculée ne sera pas évident…) ; mais aussi avec l’enfant qui, très ému souhaite ardemment retrouver sa mère et sa famille  mais doit prendre le temps de réaliser ce qui va se passer ; Quand à l’équipe, elle décide de ne pas prendre le risque d’un retour immédiat, et d’attendre une meilleur maturation de ce retour, qui bien sûr, reste l’objectif.

À l’issue de cette réunion nous laissons Marie-Ange avec un représentant de « Save Children » qui avait décidé de monter un partenariat avec notre association. Il s’agit d’une réunion trop professionnelle et technique et nous laissons Marie-Ange pour aller rejoindre Alphonse
Il nous surprend en nous disant avec émotion qu’il peut enfin rencontrer d’autres personnes de l’association, mettre un visage sur des noms dont il entend parler depuis la création de la maison ; il nous dit avec un large sourire qu’à certains moments il pensait que nous étions des êtres virtuels… six ans sans se voir, sans mettre un réel visage c’est long surtout quand il faisait des nouvelles demandes à Richard et que celui-ci lui répondait qu’il devait  rendre compte à son conseil d’administration !!!
Nous avons été surpris par le calme qui règne dans la maison Jeanne-Thérèse
Alphonse nous a expliqué que depuis qu’ils étaient en milieu « fermé », les enfants se sentaient vraiment protégés. Cela leur permet de se dire qu’ils ont le temps de retrouver leurs repères, qu’ils ne sont plus des mendiants ou petits voleurs ou corvéables à merci pour une toute petite pièce.

Nous avons par la suite rencontré le père Paul qui avec l’église Don Bosco (qui se trouve à proximité de la maison) a ouvert en plus d’un grand ensemble scolaire, un centre d’apprentissage dont pourrait bénéficier quelques-uns des enfants de la maison Jeanne Thérèse, son soutien et sa gentillesse et ses encouragements font chaud au cœur.

Nous rencontrons encore une jeune française (croisée le premier jour à la fondation Kimboudo)  détachée par Caritas avec plein d’entrain. Nous comprenons mieux les difficultés sur place de faire coexister des organisations parfois si diverses, mais aussi le ressenti de ces personnes : la joie de réaliser des choses importantes mais aussi la déception des échecs, et les petits coups de nostalgie du pays.
S’occuper d’enfants en difficulté reste lourd  que l’on soit à Paris ou à Kinshasa ; en effet les enfants ont eu leur histoire difficile et parfois un tempérament compliqué à maîtriser ; il faut sans cesse trouver des moyens pour leur faire confiance tout en les obligeant à se structurer.
Le jour suivant, nous avons assisté à la réunion des animateurs tournés vers l’extérieur :
deux animateurs sont en charge de point d’écoute sur le marché et font le lien avec le milieu ouvert

Ils revoient certains jeunes qui ont résidé plusieurs mois dans notre maison mais qui n’ont pas voulu être pensionnaires et accepter les règles plus strictes du milieu fermé avec obligation de formation, ainsi que de nouveaux enfants de la rue qui vivent  autour du marché de Massina.

L’important pour ces  éducateurs est de créer un point d’écoute bienveillante; le temps, la régularité et la qualité d’écoute est un des facteurs de réussite. Les enfants savent d’eux même très vite que la maison Jeanne Thérèse existe.
Une fois ce contact établi, il peut dès ce stade être  organisé des enquêtes pour permettre d’envisager une vraie intégration ; d’où la présence à cette réunion de Joachim qui dès ce stade peut dans certains cas commencer ses enquêtes.
Nous parlons à la suite lors de cette réunion plus longuement avec Joachim qui est le responsable des enquêtes dans les familles. Nous allions enfin comprendre ce dont Marie-Ange nous parle depuis de nombreuses années et qui n’avait pas pu être développé, dans un premier temps, faute de moyen.
Tout le travail consiste à mettre en œuvre les possibilités d’un retour de l’enfant dans sa famille.

Travail, long, nécessitant d’importants transport (et les déplacements sont coûteux …), une bonne psychologie, une vraie autorité… bref pas facile.
Une fois la famille retrouvée, le but n’est pas un retour en famille au plus vite, et systématique.

Il faut d’abord comprendre, parler plusieurs fois, se rencontrer, d’abord sans l’enfant ;

puis parfois avec l’enfant qui revient à la maison J T. En tout état de cause ceci doit être préparé si l’on veut que la réunification soit sincère et durable tant pour la famille que pour l’enfant.

Il faut se dire que les situations sont particulièrement variées

Les enfants peuvent être orphelins, maltraités ou qualifiés d’enfants sorciers, abandonnés du fait de la misère, ayant fugué par tempérament , envoyés par leur famille au loin, pensant pour son bien qu’il serait mieux à la ville, puis rejetés par celle-ci, famille recomposée avec maltraitance du beau-père …

Ces enfants de la rue ont, soit depuis quelques mois, soit parfois depuis plusieurs années vécus dans ce monde difficile  et marginal où les repères familiaux ont disparu ou laissé de très mauvais souvenirs.
Les cas peuvent être considérés comme semblables avec les cas difficiles en France mais il convient d’y ajouter les difficultés liées à la misère et à la complexité du transport et de la communication.

Le travail de Joachim est de prendre contact avec la famille et d’engager un dialogue avec l’enfant pour voir si les conditions d’une reprise durable de la vie commune peuvent être réunies. Une difficulté apparait régulièrement : la famille qui avait laissé l’enfant partir voit dans son retour une source de revenus complémentaires si JOS pourvoit aux besoins de l’enfant.

C’est pourquoi nous avons comme principe qu’il faut obligatoirement que la famille participe à ce retour ; JOS offre une aide supplémentaire mais ne peut et ne doit en aucun cas remplacer l’entraide familiale ; nous pouvons offrir la scolarisation ou l’apprentissage mais nous ne prendrons pas dans ce cas en charge la nourriture.
Il convient alors d’expliquer que la formation réalisée, l’enfant sera plus stable, et pourra être une source de revenus pour la famille complémentaire, voir importante.

Lors d’une seconde visite au siège du REEJER nous avons rencontré son responsable : Mafou
Cet homme plein de sagesse et de bonté a réussi avec le temps à fédérer les associations s’occupant des enfants défavorisés à Kinshasa. Fort d’une véritable expertise, il met en œuvre une politique d’assistance aux différentes associations, il organise des rencontres et échanges entre celles-ci permettant à toutes une meilleure prise en charge de leurs difficultés et permettant aussi à certaines de pouvoir mieux organiser leur fonctionnement.
Il est à noter que Marie-Ange BAMPETA  est employée par le REEJER à mi-temps du fait de ses connaissances : cela est une grande chance pour notre association car en plus de la reconnaissance du professionnalisme des BAMPETA, cela nous permet une prise de contact avec de nombreuses autres associations et nous permet à titre individuel de mieux appréhender l’évolution probable ou possible de nos  actions présentes ou futures.

L’avant dernier jour nous sommes allés avec Joachim sur le terrain pour suivre avec lui deux enquêtes en présences des enfants (le premier très jeune qui est rentré dès la visite finie à la maison J T ; le second était déjà revenu chez ses tantes et nous allions «  négocier son apprentissage dans un garage  avec son futur patron et sa famille.

 

Nous avons pu vivre les difficultés de transport à 20 dans une fourgonnette surchauffée, nous nous sommes introduits dans des quartiers plus délicats encore, loin des artères centrales puis par la suite dans la banlieue de Kinshasa plus agricole.

Cette rencontre avec l’environnement familial des enfants de la rue a été riche en émotions.

Joachim avait jugé qu’il serait bénéfique, tant pour nous que pour les enfants, que pour leur famille que nous nous rencontrions même d’une manière un peu sommaire.
Et nous avons dû, nous aussi, expliquer que nous ne voulions pas tout prendre en charge mais que  nous étions  ensembles pour partager les efforts pour trouver des solutions ;   que notre budget n’était pas sans limite et que si nous aidions trop un enfant il y en aurait d’autres qui ne pourraient pas être aidés ; que l’avenir pourrait être meilleur que le passé ; mais il est vrai que la notion de temps et de lendemain n’est pas du tout la même en France qu’à Kinshasa:  parler d’avenir à des personnes qui ne sont pas sûrs de pouvoir manger le soir-même est toujours difficile.

Le soir, nous avons rencontré les membres du conseil d’administration de JOS Kinshasa

La démarche de Richard est selon nous la bonne : ne pas se précipiter ; il souhaite prendre le temps, de définir les objectifs et mode de fonctionnement et trouver un noyau stable et durable permettant par la suite à l’association de se développer localement ( cela me rappelait nos premières réunions il a 7 ans où nous disions à Saint Leu ; ne rien lancer tant que l’on ne se connait pas que l’on ne se comprend pas et que les lignes ne sont pas tracées…)
Là aussi quelle ne fut pas notre surprise de voir leur étonnement d’enfin rencontrer des personnes dont ils avaient entendu parler depuis si longtemps.
Ils nous disaient à peu près ceci : « nous pensions que Pierre Beauchais était un mythe tout comme Pierre Charron et Thierry Robin ; en effet depuis des années Richard nous dit que c’est eux à Paris qui donnent le feu vert ou refusent les projets ou les budgets.
Et quand Richard leur disait qu’il devait rendre compte au conseil d’administration, ils pensaient parfois que c’était un conseil fantôme !

Nous sommes passés régulièrement à la maison Jeanne Thérèse et à l’improviste tout comme le fait Richard très régulièrement.
Nous pensions qu’il était important que les enfants aussi mettent un visage sur ceux qui les aident de si loin. Nous avions conscience de représenter tous les donateurs et tous ceux qui aident régulièrement ou ponctuellement JOS par leurs dons et leurs encouragements
En quelque sorte nous avions le beau rôle.
Mais nous leur avons dit à eux comme aux éducateurs que nous n’étions pas l’État français avec des moyens sans limite ni Nicolas Sarkozy ni François Hollande mais de simples français qui étaient touchés par leur situation de détresse.

Le dernier jour, les enfants de la maison et ceux en contact avec les points d’écoutes (marché) ont organisé pour notre départ une petite fête
Une fois de plus le théâtre était un mode d’expression de leur souffrance et de leur volonté d’en sortir (la pièce a été écrite par Richard).
Car même si tout semble calme et joyeux à l’intérieur de la maison nous savons tous et eux surtout que le monde duquel ils tentent de sortir peut être source de grandes souffrances psychiques ou affectives  et où la violence  et le découragement peuvent vous enfermer dans une spirale de haine et de souffrance.

Après une belle photo de groupe et un moment conviviale, nous devons nous sauver, déjà…
Nous devons reprendre notre avion et retrouver notre banlieue parisienne, nous allons entendre de nouveau parler des difficultés des pays riches à surmonter la crise mondiale, de la grogne sur les augmentations d’impôts et du moral en berne de la majorité des Français.
Évidemment nous resterons sensibles aux difficultés des plus pauvres de notre pays et nous comprenons les interrogations de certains qui peuvent se dire à quoi bon aider à Kinshasa des il enfants serait plus simple que leur pays et leurs familles les prennent en charge
Cependant nous sommes persuadés:

– que si nous aidons JOS Kinshasa à se mettre en place et à pérenniser ses actions, cette petite graine de moutarde que représente la maison jeune Thérèse dans l’immensité de la mégapole de Kinshasa peut être un des facteurs parmi d’autres de l’évolution positive d’une situation dramatique , et que nous pourrons développer de nouveaux projets
– qu’ il faudra que les mentalités et organisations locales évoluent mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un pays jeune en pleine mutation
– que nous sommes en 2014, l’Europe aussi a connu un exode rural et à l’époque nous n’étions pas encore à la mondialisation avec toute cette course à la consommation

Cette dimension d’amitié et d’entraide entre les peuples ainsi que la défense des plus petits et des plus fragiles est à l’origine de la création il y a plusieurs années de JOS Paris.
Nous pouvons être fiers de ce qui a été réalisé, mais nous pouvons aussi être abattus par tout ce qui reste à faire, qui ne sera jamais suffisant.

Alors nous nous sommes promis peut-être d’y revenir rapidement mais surtout de vous apporter ce petit témoignage
Témoignage qu’une chaîne de solidarités individuelles, accompagné de rencontres peut réaliser de belles choses.

Pierre et Valérie BEAUCHAIS

Rapport d’activités 2ème trimestre 2014

Au cours de ce deuxième trimestre 2014, l’association Jeunes au Soleil continue de s’organiser pour toujours mieux améliorer son action auprès des enfants de la rue de Kinshasa.

Le contexte économique et social du pays reste non favorable à la réduction du phénomène enfants de la rue. Le retour sur Kinshasa des « brigands » qui avaient immigré à Brazzaville insécurise beaucoup les plus jeunes enfants de la rue qui se cachent.

Le projet Jeunes au Soleil évolue et étant son réseau progressivement.

Les promoteurs du projet ont signé un contrat le 28 mai 2014, avec Save The Children ce qui leur permet de bénéficier d’un financement de la Banque Mondiale. Cela prend en charge l’alimentation, les frais de santé, un appui psychologique, des fournitures d’hygiène et quelques primes d’éducateurs.

Le passage en centre d’hébergement nécessite d’autres moyens matériels pour une meilleure prise en charge des enfants : amélioration des conditions d’hébergement (lits, mousses…) réfection et réhabilitation des différentes pièces de la structure.

Avec le nouveau financement, le nombre d’enfants s’accroit et les locaux deviennent inadaptés. Ils demanderaient d’être améliorés pour certains emplacements (cuisine) et d’être agrandit (sanitaire, lieu de rangement).

Les enfants :

Au 30 juin 2014, nous affichons :

–  Ce trimestre, 5 enfants ont été admis au centre (dont deux filles). Il y a donc 22 enfants hébergés à la Maison Jeanne-Thérèse de 6 à 17 ans dont :

  • 1 étudie au centre professionnel Dom Bosco à Masina
  • 1 étudie à l’Espace Masolo à Masina Sans Fil
  • 2 étudient à l’école primaire Saint Vincent de Paul à N’Djili
  • 18 sont en cours d’alphabétisation, remise à niveau à la Maison Jeanne Thérèse.

–       Chaque mois depuis avril, 8 à 9 enfants sont nouvellement contactés dans la rue.

–       5 enfants ont été réunifiés ce trimestre et une AGR (Activité Génératrice de Revenu) a été mise en place.

–       La formation professionnelle chez un artisan a été mise en place pour deux enfants réunifiés (mécanique et menuiserie).

Les enfants sont satisfaits des prestations qui leur sont offertes. Ils sont assidus aux cours d’alphabétisation mis en place au sein de la structure. Ils coopèrent facilement aux enquêtes programmées pour eux. Notre service d’enquête se met progressivement en place pour les enfants du milieu ouvert et fait aujourd’hui un bon travail.

Les enfants réunifiés sont aujourd’hui stables dans leurs familles. Certains ont connu des tensions, mais ils ont cherché l’éducateur chargé des enquêtes de la structure et les situations se sont apaisées. Un enfant a été réunifié dans sa famille à Kikwit. L’association est en pleine démarches administratives pour la réunification de deux enfants à Tshikapa. Tous les enfants de Jeunes au Soleil proviennent du secteur de Tshangu, la recherche des familles demande de se déplacer dans des directions lointaines et souvent très difficiles d’accès. S’il existe le taxi-moto s’est sans prix fixe et du coup la plupart des enquêtes sont onéreuses et demande davantage de temps que dans un autre secteur.

Deux enfants sont en maçonnerie au collège Don Bosco de Masina proche du centre, vu les faibles résultats, l’un d’eux a été orienté dans un autre centre pour une formation plus artistique (théâtre, musique et peinture). Pour cela, nous commençons une collaboration avec l’Espace Masolo, une autre association membre du REEJER qui forme les enfants de la rue, hébergés dans des centres. Deux autres enfants sont en primaire dans une école du quartier voisin, ils ont réussi leur année et passent dans la classe supérieure. Enfin, tous les autres enfants du centre ont commencé l’alphabétisation et la remise à niveau au sein de la structure avec un enseignant qui vient chaque matin à la Maison Jeanne-Thérèse. Il a fait des groupes de niveau avec les enfants, ces derniers sont tous motivés par cet apprentissage. Certains d’entre eux vont être orientés en septembre vers un centre de formation professionnelle.

L’équipe :

L’équipe de Jeunes au Soleil est aujourd’hui composée de neuf agents :

–       Une directrice,

–       Deux éducateurs-enquêteur,

–       Trois éducateurs sociaux attachés à la Maison Jeanne-Thérèse,

–       Un enseignant pour l’alphabétisation et la remise à niveau,

–       Deux éducateurs sociaux attachés au travail dans la rue : repérage et contact avec les enfants qui se trouvent sur les sites.

Le personnel de terrain ont dû s’adapter à leur nouvelle mission et ce trimestre a été leur temps d’adaptation.

Jeunes au Soleil a dû étoffer son équipe éducative pour répondre aux besoins d’accompagnement psychosocial des enfants dont le nombre croit et pour lesquels le partenaire Save The Children est exigeant quant à la qualité de prise en charge. Ce partenariat offre aussi des formations diverses pour l’ensemble de l’équipe : « communication non violente », « participation-recherche-action », « processus IDMRS (Identification-Documentation-Médiation-Réunification-Suivi) »…

La direction reste soucieuse pour un éducateur qui est en deçà du niveau requis. D’ores et déjà elle réfléchie comment l’orienter différemment.

La structure et son fonctionnement :

Fin avril 2014, nous avons eu la visite des agents du Ministère des Affaires Sociales dans le cadre des enquêtes initiées par gouvernement congolais sur la prise en charge des enfants de la rue à Kinshasa. Selon les enquêteurs, Jeunes au Soleil est parmi les structures qui font un bon travail dans le cadre de la protection de l’enfance. Cependant, quelques aspects sont à améliorer, notamment les sanitaires et la cuisine.

Le défi à venir est donc de repenser l’espace et de trouver des moyens de faire face à des changements indispensables au sein de la structure pour une meilleure prise en charge des enfants hébergés.

A la fin de ce deuxième trimestre, plusieurs travaux sont en attente de financement et important à faire :

–       Construire un magasin car le salon sert aujourd’hui de dépôt. Cela est dérangeant pour les enfants, les éducateurs et la vie de la maison (1500 dollars en attendant le grand projet de mise en étage),

–       La réparation de la voiture accidentée (1000 dollars).

–       Agrandissement et amélioration des sanitaires et de la cuisine, construction d’une salle polyvalente supplémentaire au dessus des sanitaires (9200 dollars)

Par ailleurs, la Maison Jeanne Thérèse a montée une pièce de théâtre avec les enfants sur la vie dans la rue « la mort de Jimmy » dans le cadre de la sensibilisation sur le phénomène enfants de la rue. Tous les enfants ont participé avec joie. Cette réalisation a permis de renforcer les liens existants entre les enfants eux-mêmes, mais aussi avec les éducateurs. Par ailleurs cette pièce permet aux enfants de travailler sur l’estime de soi et la manière de se présenter et de s’exprimer devant un public avec assurance, eux qui se croyaient en marge de la société.

Les finances :

Le budget de Jeunes au Soleil a été réaménagé au cours du trimestre avec l’arrivée du financement de la Banque Mondiale. Aujourd’hui il est réparti de la manière suivante :

–       40,73 % est assuré par le consortium

–       24,01 % est pris en charge par la Banque Mondiale

–       22,69 % est financé par Jeunes au Soleil Paris

–       12,57 % doit être pris en charge par Jeunes au Soleil Kinshasa sachant que Paris peut y participer en fonction de ces apports.

Nous sommes satisfaits de l’évolution du projet en faveur des enfants de la rue. On peut lire dans les yeux des enfants la joie et l’espérance créer par ce nouveau projet en leur faveur. Ils sont fiers de se considérer enfants d’une famille et refuse d’ores et déjà l’étiquète d’enfants de la rue.

Cependant, Jeunes au soleil doit faire des efforts pour améliorer les conditions de vie dans la Maison Jeanne Thérèse.

Fait à Kinshasa le 10 juillet 2014.

Richard BAMPETA, Président

Rapport d’activités 1er trimestre 2014

L’année 2014 est marquée pour l’association Jeunes au Soleil, par le début du projet financé par l’AFD par le biais d’un consortium (Fondation d’Auteuil, Secours Catholique, CCFD). Ce projet implique pour la structure Maison Jeanne-Thérèse de transformer son activité : passer du milieu ouvert au centre d’hébergement. Pour cela l’équipe a fait un grand travail de sélection des enfants qui seront pris en charge. En effet, dans le cadre du milieu ouvert, une trentaine d’enfants fréquentaient le centre, en y passant une nuit, quelques nuits ou encore toutes les nuits du mois. Pour ces derniers, la structure était déjà semi-ouverte. Chaque semaine, deux réunions avec l’équipe avaient lieues et une avec les enfants. Le premier critère était que les enfants indiquent les adresses de leur famille afin d’effectuer des enquêtes et les réunifier dans la mesure du possible. Les enfants qui ont refusé de donner leurs adresses, ne sont plus revenus au centre. Ceux qui étaient trop instables, incapables de respecter des règles et une vie en internat ont aussi quitté le centre d’eux-mêmes préférant une vie dans la rue sans contrainte. Ces derniers sont toujours en contact avec les éducateurs qui se rendent maintenant sur les sites et terrains repérés comme lieux d’occupation des enfants aux alentours de la Maison Jeanne-Thérèse.

La date qui marque le début du travail en centre d’hébergement est le 8 mars 2014.

Les enfants :

Au 31 mars 2014, nous affichons :

–       17 enfants hébergés à la Maison Jeanne-Thérèse de 10 à 16 ans dont :

  • 2 étudient au centre professionnel Dom Bosco à Masina
  • 2 étudient à l’école primaire Saint Vincent de Paul à N’Djili
  • 13 sont en cours d’alphabétisation, remise à niveau à la Maison Jeanne Thérèse.
  • 9 sont en contact avec leurs familles avec lesquelles un travail se fait.

–       9 enfants encadrés à partir du terrain et des sites

–       7 enfants réunifiés dont 6 appuyés par une AGR (Activité Génératrice de Revenu)

L’association Jeunes au Soleil souhaite accompagner ces enfants et jeunes sur leur chemin de croissance en vue de devenir des adultes responsables. Elle mettra l’accent sur le lien avec les familles quand celles-ci sont connues, sur la formation scolaire ou professionnelle et surtout sur le développement des valeurs humaines.

L’équipe :

L’équipe de Jeunes au Soleil est composée de six agents :
–       Une directrice,
–       Un éducateur-enquêteur,
–       Un éducateur social attaché à la Maison Jeanne-Thérèse,
–       Un enseignant pour l’alphabétisation et la remise à niveau,
–       Deux éducateurs sociaux attachés au travail dans la rue : repérage et contact avec les enfants qui se trouvent sur les sites.

Les missions de ces deux derniers n’ont commencé qu’au début du mois de mars. Ils doivent se familiariser par leurs nouvelles tâches, se faire connaitre et repérer par les autorités des sites. Petit-à-petit, ils observent et apprivoisent les enfants qu’ils rencontrent sur les marchés. L’objectif principal de leur présence sur le terrain est de repérer les nouveaux enfants dans la rue, les contacter, gagner leur confiance afin de les identifier et travailler une réunification la plus précoce possible. Le travail d’enquête et de médiation familiale, se fait ensuite en lien avec l’éducateur en charge des enquêtes.

L’enseignant est arrivé début mars pour donner aux enfants, du lundi au vendredi, des cours d’alphabétisation et de remise à niveau.

Seul un éducateur social n’est pas pris en charge par le Consortium pour sa rémunération. Il est payé par JOS-Paris.

La structure et son fonctionnement :

La Maison Jeanne-Thérèse est composée de deux chambres dortoirs, dans lesquels il faudrait encore aménager deux lits de trois places. Le nombre de mousses est insuffisant pour le nombre d’enfants. Pour conserver leurs biens, les enfants ont besoin d’un meuble de rangement avec au moins 20 cases.

La salle à manger ou grande salle contient trois grandes tables, des bancs, ainsi qu’un meuble avec la télévision.

Il y a un local pour le rangement des provisions.

Une pièce qui sert de bureau pour les éducateurs et enfin il existe une salle de réunion pour le personnel.

A l’extérieur se trouvent des sanitaires et une cuisine.

Les locaux sont propres, mais des travaux complémentaires d’aménagement seraient nécessaires.

Depuis le 8 mars, toute une logistique d’intendance s’est mise en place pour nourrir les enfants avec une bouillie le matin et un repas consistant en fin de journée. L’association cherche à développer des contacts pour alléger cette charge qui représente aujourd’hui la plus grosse ligne de son budget.

A ce jour, deux travaux d’urgence attendent un financement :
–       La réparation du mur d’entrée qui soutient le portail
–       La réparation de la voiture accidentée.

Les finances :

Le budget de Jeunes au Soleil est de 35 376 dollars pour l’année 2014 :
–       45,81 % est assuré par le consortium
–       19,93 % est financé par Jeunes au Soleil Paris
–       34,26 % doit être pris en charge par Jeunes au Soleil Kinshasa sachant que Paris peut y participer en fonction de ces apports.

Depuis octobre 2013, le conseil d’administration de Jeunes au Soleil Kinshasa se réunit régulièrement. Il a officiellement mis fin à l’idée de collaborer avec la communauté des Pères du Saint Esprit pour la gestion de la Maison Jeanne-Thérèse, car depuis plus d’une année aucun de leurs membres n’était disponible pour cette mission de coordination.

Fait à Kinshasa le 10 avril 2014.

Richard BAMPETA, Président